REVUE BIMESTRIELLE DE CINÉMA

Adriano Tardiolo dans Heureux comme Lazzaro.

71e festival de cannes / jour 5

HEUREUX COMME LAZZARO de Alice Rohrwacher (2h10)

Jolie surprise hier avec le nouveau film de Alice Rohrwacher, HEUREUX COMME LAZZARO, sous obédience pasolienne. Plus abouti que Les Merveilles, Grand Prix en 2015, le film est à la fois mystique et purement social - livrant une fresque magnifique sur un personnage intemporel côtoyant plusieurs sociétés et plusieurs mœurs. Le film est parfois trop long, mais l'ensemble est plutôt beau.

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MEURS, MONSTRE, MEURS d’Alejandro Fadel (1h38)

Au Certain regard, le Meurs, monstre meurs, se voudrait être un immense film de genre – pétri de références horrifiques mais tout est vain dans un circuit narratif morbide, empilant les scènes choc sans jamais exposer un réel point de vue ou un plaisir de la fiction. Thomas Aïdan

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CLIMAX de Gaspar Noé (1h35)

On connaît le goût assuré de Gaspar Noé pour les expériences de cinéma qui ne laissent pas indemne. Il est tout de même à noter que CLIMAX se tient de manière remarquable sur cette question d'un récit propice à générer un terreau fertile pour son cinéma : une bande de jeunes danseurs réunis dans un hangar s'abreuvent involontairement d'une sangria aux effets psychotropes. Noé les entraîne alors, le temps d'une nuit, dans une folie paranoïaque qui les pousse dans des retranchements extrêmes à tendance horrifique. On pourra dès lors voir le programme de Noé s'installer avec assurance sur les rails de sa caméra virevoltante mais on pourra aussi être touché par la modestie du projet - proche d'une certaine légèreté - et l'ampleur mesurée de son récit (contrairement à, par exemple, ENTER THE VOID) qui avoisine les 1h35. Il reste que Gaspar Noé n'a pas son pareil pour dépeindre des dérèglements sensoriels et faire surgir, avec horreur, des visions proprement stupéfiantes. Morgan Pokée

 

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