REVUE BIMESTRIELLE DE CINÉMA

Emmanuelle Bercot et Golshifteh Farahani dans Les Filles du soleil.

71e festival de cannes / jour 4

LES FILLES DU SOLEIL d’Eva Husson (1h55)

La journée d'hier s'est terminée avec agacement. Comment un film aussi inquiétant idéologiquement peut-il avoir les honneurs de la compétition ? Si le film de Eva Husson, Les Filles du Soleil, a bouleversé négativement les spectateurs cannois, c'est bien pour ses procédés nauséabonds, soit esthétiser la guerre à outrance, réduisant les combats à de simples pamphlets féministes et vulgarisant chaque dialogue, pour affadir la portée politique. On se frotte les yeux et on ne comprend toujours comment un navet aussi débile a-t-il pu entrer dans l'arène de la compétition. À côté de Godard, autant dire que cela est royalement gênant.

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LE MONDE EST À TOI de Romain Gavras (1h34)

À La Quinzaine, projection du dernier Romain Gavras, ennuyeux, mal fagoté et pas très inspiré. Le film est complètement what the fuck et l'interprétation pêche par manque de précision. Il est quand même dommage qu'avec un tel budget (pensons à tous ces plans pris depuis un avion), Gavras n'est pas su proposer autre chose que cette lecture vulgaire des cultures de la délinquance.

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GIRL de Lukas Dhont (1h45)

Et enfin, malgré une légère déception, Girl, le premier film de Lukas Dhont, 27 ans, est assez passionnant sur ce jeune garçon qui veut à tout prix devenir une fille. Ce n'est plus une histoire de changement d'identité mais littéralement un changement de corps. Et le film le montre avec finesse et érudition. Malgré tout, la séquence de fin finit par abîmer l'ensemble - le dernier mouvement étouffant un peu la poésie glanée tout du long. Thomas Aïdan

 

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