© Dominik Fusina Art Photography

NOIR C'EST NOIR

 

La compétition de Cannes 2017, cela aura été :

 

  • La disparition d'un enfant et l'inéluctable destruction d'un couple (Faute d'amour)
  • La solitude d'un jeune orphelin en quête d'un père qu'il n'a jamais connu (Wonderstruck)
  • Des animaux en camp de concentration (Okja)
  • La tragédie des migrants et les attentats en Europe (Les Lunes de Jupiter)
  • Les années SIDA et les lentes agonies des premières victimes (120 battements par minute)
  • L'indifférence (version poujadiste) des intellectuels face à la misère sociale (The Square)
  • Le sacrifice martyre d'une famille détruite par la culpabilité du père (La mort du cerf sacré)
  • La vision moralisatrice d'une famille de bourgeois croupissant dans la fange de ses valeurs putrides (Happy End)
  • La perte annoncée de la vue d'un photographe de renom (Vers la lumière)
  • L'exécution capitale d'un objet de désir interdit (Les Proies)
  • Une succession complaisante de passage à tabac et une vision douteuse des handicapés mentaux (Good Time)
  • L'apologie de l'auto-justice la plus radicale et de la peine de mort (In The Fade)
  • Des dizaines de crânes explosant sous les coups d'un marteau vengeur et justicier (You Were Never Really Here)
  • Une adolescente ouvrant avec une cuillère la bouche du cadavre de sa mère crispé par la rigidité (L'heure du déjeuner, court-métrage iranien en compétition)
  • Un jeune garçon surarmé partant avec son père à la chasse des clandestins mexicains (Across my land, court-métrage américain en compétition)
  • Un jeune migrant essayant de trouver cinq euro pour manger et qui finit par vendre son corps pour cette somme dérisoire (A drowning man, court-métrage danois en compétition)

 

Merci encore à toutes les réalisatrices et tous les réalisateurs pour nous avoir enseveli sous cette vision nihiliste du monde. Et merci surtout à une très large majorité d'entre eux de nous avoir asséné ce constat à la massue sans jamais songé, ne serait-ce qu'un bref instant, à y déceler la moindre étincelle d'espoir ou d'humanisme.

Bloc-note n°8 vendredi/samedi 26-27 mai

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Bloc-note n°7 jeudi 25 mai

JOUIR C'EST MAL

 

Une overdose de plaisir. C'est sur ce constat enfin positif que s'acheva la journée d'hier avec pas moins de deux films remarquables sur les cinq projections du jour. Soit un ratio ahurissant alors que jusque là, et encore dans les meilleurs jours, ce chiffre dépassait rarement le 1 sur 5. Autant dire que l'on eut du mal à s'en remettre, notre rétine et notre cerveau n'étant plus du tout habitués à cet assaut d'intelligence, de modestie et d'acuité cinématographique. Ce qui explique ce silence de près de vingt quatre heures, indispensable SAS de réadaptation.

 

Mais nous revoilà en pleine possession de nos moyens et de notre exigence qui fut mise à rude épreuve dès les premières heures de la matinée. Mais foin de cette nouvelle attaque de médiocrité. Revenons au parfait déjà perdu de ce jeudi d'exception qui nous a permis de découvrir dans l'ordre un polar sardonique Coréen présenté en séance spéciale et une fable féministe venue de Zambie.

 

Avec Sans pitié, Sung-hyun Byun dynamite le polar Coréen en le raccrochant au wagon des meilleurs Tarentino et John Woo. Une intrigue nihiliste à souhait portée par des personnages autodestructeurs et un humour plus sombre que les heures les plus profondes de la nuit. Un jeune détenu ingénu au sourire large comme une tranche de pastèque copine avec un parrain incarcéré et va gravir grâce à lui les échelons de la hiérarchie criminelle. Une sorte de prophète en forme de jeu de massacre, le scénario piégeant ses personnages dans une intrigue étouffante et haletante faite d'incessants coups de théâtre et trahisons en rafale. Le tout rehaussé par une mise en scène d'une stylisation époustouflante. Tout aussi réussi, I'm not a witch de Rungano Nyoni, fable narrant le destin d'une petite fille accusée d'être une sorcière, parabole inventive et subtile sur la condition de la femme qui pourrait être à chaque instant victime de son postulat de départ (les sorcières sont rattachées à un fil qui les entrave et les empêche de s'envoler) mais qui dévie sans cesse son chemin faussement prévisible grâce un scénario malin, un vrai point de vue de mise en scène et un humour autant assumé que salutaire.

 

Tant de bonheurs devait se payer. Car depuis ces deux oasis, ce ne sont à nouveau que films plombants, démonstratifs et pesamment donneurs de leçons. L'espoir fut de courte durée.

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Bloc-note n°6 mercredi 24 mai

AUTO-PERSUASION

 

Une semaine après l'ouverture du festival de Cââââânnes, à quoi ressemble un premier bilan à quelques jours de l'annonce d'un palmarès qui risque fort, au vu du peu d'enjeux proposés par la compétition, de ne pas intéresser grand monde et de ne susciter qu'un accueil mollasson pour ne pas dire indifférent ? À moins que le jury ne choisisse s'assumer son goût pour le fétichisme formel et le SM moralisateur en décidant de recomposer les petits marquis de la pensée unique et oblique qui ont déversé leur misanthropie au cours de cette édition.

 

Que l'on ne se méprenne pas, sur le principe, on n'a rien (bien au contraire) contre l'humiliation verbale ou la domination psychologique pour peu qu'on en retire un rien de plaisir. Vocable proscrit hélas depuis une semaine. «Souffre donc nanti de festivalier bourgeois» aura été le maître mot du manifeste idéologique de certains cinéastes.

 

À part cela ? Nous aurons appris à notre corps défendant que la civilité est en fort déclin sur la Croisette, nos camarades journalistes rivalisant d'imagination pour vous passer devant dans les files d'attente. Copains invisibles les attendant comme par hasard au tout début de celles-ci, cécité spontanée les empêchant de voir les trente personnes devant lesquelles ils passent, certitude d'avoir - bien qu'elles soient rigoureusement identiques - une accréditation supérieure à la vôtre, du genre véhicule prioritaire au jeu des Mille bornes... Tout est bon pour le cochon mal élevé pour se frayer un chemin devant vous. À Cannes opportunisme et individualisme sont plus qu'ailleurs des vertus.

 

Et les films de compétition du jour ? Un Rodin de Jacques Doillon, trop fin pour être objectivement apprécié par la horde féroce des critiques et un Sofia Coppola, inopérant mais nullement agressif, remake esthétique et un peu inutile des Proies de Don Siegel qui certes érotise à délice le corps offert de Colin Farrell mais qui, au vu de la misogynie de l'original, aurait gagné à affirmer de façon plus marquée son contrepoint féminisme.

 

On continue de vouloir y croire, mais cela ressemble de plus en plus à de l'auto-persuasion.

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Bloc-note n°5 mardi 23 mai

La pesanteur de la légèreté

 

C'est le paradoxe qui sévit depuis quarante huit heures sur la croisette. Comment tenter de faire le plus délicat et le moins intrusif possible mais sans éviter hélas une lourdeur d'exécution et une lisibilité insistante qui contredisent cette pourtant très noble intention de départ.

 

C'est la limite en forme de semi point de non retour sur lequel s'échoue Vers la lumière, le nouveau film de la japonaise Naomi Kawase présenté en compétition. L'histoire toute en suggestion visuelle et composition sonore d'une jeune femme travaillant avec des non voyants à l'audio description d'un film. Cette collaboration sera pour elle l'occasion de croiser la route d'un photographe en train de perdre définitivement la vue. Déstructuration de l'image, délicate rupture du cadre et du montage, bande son douce et rugueuse des bruits du quotidien, variations en volutes de la lumière... durant une large première partie, la théorie et la pratique s'unissent avec soin jusqu'à ce que la première finisse par l'emporter. Consciente semble-t-il de l'essoufflement de son principe narratif et formel, manquant de ressources (ou plutôt les ayant toutes épuisées) pour relancer son film, la cinéaste ouvre les vannes d'une bande originale signée Ibrahim Maalouf, acmé ostentatoire de cette délicatesse appuyée qui, à force de tourner à vide et de jouer lourdement la carte de la paraphrase, finit par assourdir et caricaturer un film jusque là agréablement ténu et fragile.

 

Identique dérapage en fin de course pour le très attendu The Florida Project sélectionné à la Quinzaine, nouveau film de Sean Baker, auteur du remarqué Tangerine sorti il y a un an. Dans un motel de seconde zone urbaine, sous le soleil écrasant de Floride, vivent une mère et sa petite fille. La première est instable, immature. La seconde rebelle, mal élevée et hyperactive. Comme le film. Sean Baker refuse toute contextualisation sociologique pour cerner ses personnages. L'unité de lieu choisi suffit à dire ce qu'il nous suffit de savoir des deux héroïnes. Laissant ainsi place à une énergie vitupérante et mélancolique. Postulat impeccable de légitime précaution d'écriture. Mais qui, sur la longueur (près de deux heures) finit par étouffer une fiction qui, se voulant à l'image de ses personnages, prisonnières encagée dans leur déterminisme social et leur minuscule univers de survie, tourne finalement en rond. Du coup, et malgré une narration en mouvement perpétuel, le film finit par faire du surplace.

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Bloc-note n°4 dimanche/lundi 21-22 mai

De toute façon, tu n'as rien à dire ?

 

C'est dans ces mots assez peu diplomatiquement choisis que mon vénérable rédacteur en chef m'accordait hier dans son immense mansuétude (je n'en fais pas un peu trop là ?) l'exonération de ma contribution au site de La Septième Obsession. En même temps, ô grand correcteur de ma prose banale, s'il fallait absolument avoir quelque chose à dire pour prendre la parole, la compétition de ce 70ème festival de Cannes se réduirait drastiquement à une peau de chagrin.

 

Le secret pour dissimuler la vacuité de son propos et prendre au filet d'un discours théorique et abscons quelques critiques épuisés ? Le péremptoire. Le sentencieux. Le fond importe peu pourvu qu'on ait l'adresse d'affirmer le creux discursif avec aplomb. Voire pour certains un rien d'autoritarisme.

 

On aura reconnu dans ce lapidaire portrait la figure du commandeur Haneke. Si force objective est de reconnaître la maîtrise mathématique quasi parfaite de la structure du scénario, il est hélas nécessaire de déplorer la vacuité du propos. Son portrait d'une famille bourgeoise, héritière du BTP et nécessairement putride dans ses zones d'ombre flirte sans vergogne avec des clichés d'un autre âge. Indifférence scolaire pour ses employés, perversions sexuelles (sodomie et jeux d'urine), sacrifice des enfants, infidélités... Ce petit catalogue moralisateur connaît un point de non retour lorsque les migrants (car nous sommes à Calais) débarquent littéralement dans l'avant dernier plan pour nous rappeler que nous ne faisons rien pour le sort de ces laissés pour compte. Certes, sans doute, mais nous au moins on ne donne pas de leçon.

 

Le pire restait à venir avec La Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos (The Lobster), fiction clinique filmée depuis le congélateur par un cinéaste nous regardant avec mépris et lassitude depuis le petit rocher de sa suffisance. Sur le principe dogmatique et chrétien du fils devant payer pour les fautes du père, il compose à grands coups de travellings avant ostentatoires, une homélie ahurissante de premier degré sur la décrépitude du monde moderne et des valeurs humaines. Dis donc Yorgos, l'expression enfoncer des portes ouvertes te dis quelque chose ?

 

À la moitié du festival, un seul mot d'ordre : fuck les pisse froids.

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Bloc-note n°3 samedi 20 mai

PETITS COUPS DE TRIQUE

 

Tels les nuisibles qui envahissent nos nuits d'été, ils reviennent chaque année sur la Croisette polluer notre libre arbitre à grands coups de fiction dogmatiques et poseuses. Qui sont-ils ? Les donneurs de leçons. Ceux qui pensent que le metteur en scène est un démiurge qui ne doit surtout pas s'ignorer et, qu'au nom de ce dogme, ils ont le droit absolu pour ne pas dire divin de nous imposer leur vision manichéenne et ultra réduite du monde. Tout en malmenant au passage notre propension à la culpabilité à grands coups de petits coups de trique sur nos paumes de mécréants. Car oui nous ne sommes au fond que des nantis bobo qui méritent bien un long sermon rédempteur et d'être rééduqués idéologiquement illico presto.

 

Double exemple coup sur cour avec tout d'abord Les lunes de Jupiter où le réalisateur de White God, Kornél Mundruczó nous assène une purge crypto-chrétienne, mise en scène au drone, pour dénoncer notre indifférence au sort des migrants. Oubliant au passage que son unique contribution à la tragédie qui se joue actuellement en Europe est un long clip publicitaire putréfiant de raccourcis et idées toutes faites, salmigondis sociologique où tout est saupoudré au hasard d'un scénario inconscient (les enfants qui meurent lors des traversées, les passeurs qui exploitent et poussent ceux qui fuient la misère vers celle tout aussi sombre de la xénophobie délétère ou le fait que oui pour mille migrants innocents, il y a un risque réel d'accueillir un terroriste en puissance). Et dans inconscient il y a con.

 

Idem dans The Square où, peu gêné aux entournures de sa très rapiécée morale bien-pensante, le cinéaste suédois Ruben Östlund dénonce pêle-mêle l'art contemporain, la suffisance des faux intellos et notre mépris des SDF et des pauvres. Le tout dans un film nullement fauché qui s'offre des stars (Dominic West, Elisabeth Moss) et une photo ultra léchée pour nous dire au mégaphone que nous avons perdu le sens des valeurs. Et son salaire ? Il l'a distribué aux nécessiteux ? On voudrait en rire mais devant tant de morgue hypocrite, on a le souffle un rien coupé.

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Bloc-note n°2 vendredi 19 mai

MOI, MOCHE ET MÉCHANT NETFLIX

 

Est-ce l'effet Macron, valeur désormais étalon de notre furieuse envie de jeter aux orties les vielles habitudes et d'écraser d'un pied rageur les ancestrales traditions ? Toujours est-il que ce deuxième jour de la compétition cannoise vit ce matin se produire une mini révolution. Que l'on se rassure, une révolution à l'échelle de Cannes, c'est-à-dire agitant les seuls festivaliers et se déroulant dans l'indifférence du reste de la planète. Qu'importe, vu d'ici, cela fit office d'événement.

 

Jusqu'alors on sifflait les films à l'issue de leur projection. Certes il y avait eu des prémisses l'an dernier lorsque des ricanements (gênés et légitimes) avaient accompagné les cartons du prologue de The Last Face de Sean Penn. Mais jamais ô grand jamais un film n'avait été hué avant même qu'une seule image ne fut projetée. C'est pourtant ce qui se produisit lors de la projection d'Okja, fable écolo, satirique et politique de Bong Joon-ho. La  cause de cette ire spontanée ? Le carton Netflix qui précédait le générique.

 

Nos confrères, qui s'étaient semble-t-il a acheté une conscience éthique à prix réduit, conspuaient le fait que le film soit produit par une plateforme qui ne diffuserait pas celui-ci en salles, du moins pas en France. Tilda Swinton essuya également lors de son apparition une salve de dégoût aussi déplacée que hors sujet, l'actrice fétiche du cinéma queer et indépendant de la Grande Bretagne des années 80 étant peu suspecte d'accointance  avec le grand capital. Un beau bordel qui se prolongea durant près d'un quart d'heure, le film étant projeté dans un format fantaisiste dans l'indifférence du projectionniste. Les amateurs de la théorie du complot y virent le signe ultime d'une rébellion contre le diable Netflix, l'écran lui-même refusant de se conformer aux exigences du network. Un procès d'intention évitant scrupuleusement les sujets qui fâchent (il est clair qu'une nouvelle législation est désormais indispensable) aux accents d'un poujadisme politiquement correct, relayé par le président Pedro qui avait prévenu, deux jours plus tôt, qu'il ne récompenserait jamais un film qui n'était pas destiné au grand écran.

 

Affirmant ainsi avec un rien d'hypocrisie que le format prévalait sur le talent. Il est certes regrettable de se dire que beaucoup de spectateurs seront privés de la merveille de Bong Joon-ho mais le débat à venir, nécessaire, salutaire, ne gagnera pas en qualité avec des arguments aussi réducteurs.

 

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Bloc-note n°1 mercredi/jeudi 17-18 mai

PARADIS CANNOIS

 

Contrairement à ce que les médias dans leur immense majorité essaient de nous faire croire, ce n'est pas la première montée des marches, ni le premier photo call du jury au grand complet surjouant la cinéphilie complice (on leur donne 48 heures avant de s'opposer furieusement) qui inaugure un Festival de Cannes. Non, ce qui signifie réellement que le Festival est lancé c'est lorsque les divers archétypes de critiques internationaux ont enfin retrouvé leur place dans les nombreuses salles obscures qui accueillent les projections de presse.

 

On se sent enfin chez soi lorsque la journaliste, nullement agoraphobe et appréciant les très rapprochés contacts humains, se fade près de trois quarts d'heure en délicate position verticale l'interminable file d'attente, puis le toujours délicat écrasement de pieds au moment où s'ouvrent les portes de la salle, ponctué par la bonne demi-heure qui nous séparent du début de la projection pour ne rester que cinq minutes montre en main. À un moment donc où, malgré tout le talent critique de cette consœur, il est particulièrement difficile de s'être fait un avis assez définitif pour se permettre d'écrire sur le film. Mais sans doute possède-t-elle un talent analytique supérieur au nôtre.

 

Compatible avec ce profil qui ne cesse de nous questionner, le critique qui se met au milieu de la rangée tout en se sachant capable de ne pas rester jusqu'au bout du film. Dans ce cas présent, il est permis de se demander si l'aile ne serait pas plus pratique pour lui comme pour nous ? Car ce braveur de rangée fait peu de cas des obstacles rencontrés lors de cette traversée. Peu lui importent les pieds ou sacs qui se dressent sur sa route, il piétine tout avec un mélange tout à fait appréciable d'aplomb et d'arrogance.

 

Le rejoignant dans la famille des indésirables mais incontournables figures des professionnels de la profession, le groupe de journalistes qui vous livre en exclusivité la version commentée du film, in situ et en direct live, bien avant que celle-ci ne figure sur l'édition DVD. Expérience traumatisante vécue encore ce matin lors de la projection du film de Todd Haynes grâce à un consortium de critiques italiens. L'une d'entre elles étant hélas assise juste à côté de notre strapontin, nous eûmes droit en supplément gratuit à cette pollution sonore, une délicieuse odeur corporelle matinale. Et puisque ses voisins avaient eu le malheur de lui demander de se taire et n'ayant donc plus rien de constructif à faire, elle sombra dans un sommeil bruyant. Si ça ce n'est pas Cannes !